Tout a commencé autour d'un déjeuner.
Ils ne devaient probablement jamais se rencontrer. Des entreprises différentes, des métiers différents, des étages différents. Dans un grand complexe de bureaux, chacun vit un peu dans son propre monde.
12 h 07 — la cantine
La seule pièce qui ignore l'organigramme
À midi, tout le monde descend. Les tables se remplissent dans l'ordre où les gens arrivent, pas dans celui des services. C'est le seul endroit du bâtiment où un directeur financier peut se retrouver coincé entre deux stagiaires du troisième.
Ce midi-là, deux commerciaux posent leur plateau en face d'un développeur.
Ce qu'il y avait dans les assiettes
- Poulet sauce curry, riz trop cuit
- Carottes râpées, vinaigrette d'usine
- Yaourt nature, pas de cuillère
Aucun de ces plats n'a inspiré Ucci. C'est peut-être justement le problème.
Conversation banale : les entreprises, les métiers, ce sur quoi on travaille en ce moment. Puis une phrase change tout.
« On cherche justement quelqu'un qui sait développer des applications. »
Les deux commerciaux avaient une idée : transformer leur activité immobilière avec une application. Ils avaient même déjà commencé, avec un premier développeur. Le projet s'était arrêté en chemin.
Une nouvelle équipe se forme autour de la table. Ils sont quatre. Deux d'entre eux vont rester jusqu'au bout.
Hicham et Ali.
Mois 1 — tout va très bien
Le meilleur départ possible
Au début, tout semble bien parti. Les idées sont là, les réunions s'enchaînent, l'analyse avance vite. Chacun repart avec sa liste de tâches.
Mois 3 — le ralentissement
Puis les choses ralentissent.
Les réponses arrivent de moins en moins.
Les réunions sont repoussées, puis repoussées encore.
Certaines informations n'arrivent jamais.
Petit à petit, le projet se retrouve porté par deux personnes alors qu'il aurait dû avancer à quatre. Ils continuent quand même, parce qu'ils y croient encore, et parce qu'on se dit toujours que la prochaine réunion débloquera tout.
Mois 7, 21 h 42 — un message
Six mots un mardi soir
Le plus troublant n'est pas l'abandon. C'est que Hicham avait la même phrase en brouillon depuis trois jours, sans avoir osé l'envoyer.
Ils s'appellent. La conversation devait durer dix minutes.
00 h 51 — trois heures plus tard
Et si le vrai projet était là depuis le début ?
Ils commencent par parler de ce qui n'a pas marché. Puis de ce qu'ils auraient aimé construire. Et finalement, de quelque chose de beaucoup plus simple : la raison pour laquelle ils s'étaient rencontrés.
Une table. Un déjeuner. Des gens qui ne se connaissent pas et qui, pendant quelques minutes, partagent le même espace.
D'un côté
Quelqu'un cuisine en trop grande quantité. Un plat préparé pour la famille. Une recette maîtrisée depuis toujours. Une fournée de pâtisseries. Un repas dont il reste trois portions.
De l'autre
Au même moment, à quelques minutes de là, quelqu'un cherche simplement quelque chose de bon à manger. Et ouvre une application de livraison par défaut.
Entre les deux
Rien. Aucun moyen de se trouver. Le problème était évident, et personne ne l'avait résolu à cette échelle-là.
Le lendemain — première page blanche
Ce qu'ils ont décidé de construire
Exactement ce qu'ils auraient voulu avoir eux-mêmes : une application pour découvrir ce que les gens cuisinent autour de soi, réserver une part, et se retrouver autour d'un plat.
Pas besoin d'un restaurant.
Pas besoin d'un intermédiaire.
Pas besoin de compliquer les choses.
Une personne cuisine. Une autre a envie de manger. Ucci les rapproche.
La meilleure nourriture ne vient pas toujours d'un restaurant
Parfois elle est préparée à quelques minutes de chez soi. Une lasagne faite maison. Un tajine qui mijote depuis des heures. Des cookies encore tièdes. Une recette de famille que quelqu'un prépare depuis vingt ans sans jamais l'avoir écrite.
Ucci sert à faire sortir tout cela de la cuisine, et à lui trouver quelqu'un qui avait justement envie de le découvrir.
Mais derrière les plats, il y a autre chose. Des personnes. Des habitudes. Des recettes qu'on ne trouve nulle part ailleurs. Et des rencontres qui n'auraient pas eu lieu.
Parce qu'un bon repas rapproche déjà les gens. Ucci ne fait que retirer ce qui les empêchait de se trouver.
Aujourd'hui
Deux personnes. Une application. Plusieurs années.
Hicham et Ali ont construit Ucci à deux, du premier schéma au dernier écran. Ils ont imaginé le produit, développé les applications, bâti la technologie, dessiné les interfaces, cherché les bons mots — et tout recommencé chaque fois que quelque chose ne leur convenait pas.
Pas de grande équipe. Pas de dizaine de personnes derrière le projet. Deux personnes convaincues qu'une idée simple pouvait devenir quelque chose de réel.
Ils ont gardé une seule règle de leur première aventure. C'est la plus importante :
Moins de promesses, plus de choses réellement construites.
L'équipe
Les surnoms sont venus tout seuls, pendant les sessions du soir.
Hicham « Braise » — conception, back-end, identité. Ingénieur informatique, développeur d'applications. C'est lui qui était à cette table le premier midi. Surnommé Braise parce qu'il travaille comme il cuisine : feu vif au départ, puis des heures à surveiller sans jamais lâcher.
Ali « Levain » — produit, applications mobiles, données. Développeur, rencontré sur le projet qui n'a jamais abouti. Surnommé Levain parce que c'est son message d'abandon qui a fait lever Ucci — et parce qu'il ne valide jamais une idée sans l'avoir laissée reposer une nuit.
Une seule adresse, et aucun service client entre vous et nous : hello@ucci.io
Quelque part, quelqu'un prépare un plat qu'il aime.
Quelqu'un d'autre cherche justement quoi manger ce soir. Ils ne se connaissent pas encore. Ils sont peut-être à quelques minutes l'un de l'autre. Ucci est là pour cette rencontre — parce qu'au fond, elle n'est pas née d'un projet informatique. Elle est née d'un déjeuner.